Cogne
Accès
La commune est accessible depuis l'autoroute [A5] Turin–Mont-Blanc, en prenant la sortie Aosta Ouest, où commence la route régionale de Cogne, au niveau de l'localité d’Aymavilles. La remonte toute la vallée de Cogne sur environ 21 km jusqu’au chef-lieu. La gare la plus proche est celle d’Aoste, terminus de la ligne Chivasso–Ivrea–Aoste exploitée par Trenitalia (TI) ; depuis le parvis de la gare, la liaison par bus vers Cogne est assurée par SVAP, avec un temps de trajet d’environ 50 minutes. La a été touchée à plusieurs reprises par d’importants aléas hydrogéologiques, comme dans la nuit du 29 juin 2024, lorsqu’une crue a endommagé la chaussée, isolant temporairement le chef-lieu et le hameau de Valnontey : pendant les mois d'hiver et en cas de mauvaises conditions météorologiques, elle peut faire l'objet de restrictions de circulation, avec obligation éventuelle de disposer de pneus neige ou de chaînes à bord.
Introduction
Cogne est la commune qui occupe la haute vallée du même nom, dans la partie sud de la Vallée d'Aoste, face au massif du Grand Paradis. C'est la commune la plus étendue de la région en superficie et la dix-neuvième d'Italie en altitude. Le chef-lieu, Veulla en patois cognein, est situé à 1 534 m d’altitude, dans une cuvette qui, pendant des siècles, a rendu le territoire difficile d’accès : la population est originaire des vallées arpitaines du Piémont, avec lesquelles les liaisons historiques passaient par des chemins muletiers et des cols tels que le col du Rancio et le col de l’Arietta, plutôt que vers le fond de la vallée valdôtaine. Au niveau du chef-lieu, cinq vallées partent en direction de la Valnontey, au sud, sur les pentes du Grand Paradis.
Description
Le territoire communal, le plus étendu de la Vallée d'Aoste, s'étend le long du cours du torrent Grand Eyvia, entre une altitude minimale avoisinant les 1 320 m et le sommet du Grand Paradis, à 4 061 m, point culminant de la commune et de la région. Le fond de la vallée s’élargit au niveau du chef-lieu, qui se compose des hameaux de Sonveulla, Métanéire, Desot Veulla, Laydetré et Son-lou-Prò, ainsi que des localités de Cretaz, Gimillan, Épinel, Moline et Valnontey. Les têtes de vallée abritent un ensemble de lacs d’altitude, parmi lesquels le lac de Corona, les lacs de Lassert et le lac Doreire ; près de Lillaz, le torrent Urtier forme une série de cascades en paliers successifs. Dans la région de Champlong, un ancien glissement de terrain glaciaire a déplacé le lit du torrent Urtier, donnant naissance à des « volcanetti » de boue liés à la présence d’eau souterraine sous pression. Le climat est de type alpin, avec des hivers longs et des étés courts, ainsi qu’un régime pluviométrique plus sec que la moyenne nationale ; la vallée a subi d’importantes inondations, notamment celles du 13 au 16 octobre 2000 et du 29 juin 2024.
Le gisement de magnétite de la région est connu depuis le Moyen Âge. En 1191, Thomas Ier, comte de Savoie, d’Aoste et de Moriana, autorisa l’évêque d’Aoste, seigneur spirituel et temporel de la vallée, à y construire un château, achevé vers 1202, année où l’église paroissiale fut également inaugurée. En 1865, le Corps royal du génie civil de Turin réalisa la route reliant la ville à Aoste, dont le pont de Chevril devint le symbole. Au début duXIXe siècle, le médecin local César-Emmanuel Grappein organisa l’exploitation des mines de fer sous forme communautaire, en répartissant le travail et les bénéfices entre tous les habitants, y compris les femmes et les enfants ; le minerai était acheminé par un chemin de fer à voie étroite jusqu’à l’aciérie d’Aoste. Entre le 7 juillet et le 2 novembre 1944, le village fut une république partisane dotée d’un maire élu, Francesco David, d’une radio libre et de son propre journal, dirigé par Giulio Einaudi ; Sandro Pertini s’y rendit également dans les derniers jours, avant qu’une attaque allemande ne mette fin à cette expérience. Les mines, situées à Colonna, Licony et Larsinaz, fermèrent définitivement en 1979.
L’économie locale, historiquement liée à l’activité minière, s’est réorientée vers le tourisme estival et hivernal : Cogne figure parmi les hauts lieux du ski de fond, avec plus de 80 km de pistes entre les Prati di Sant’Orso, Valnontey, Lillaz et Épinel, qui ont accueilli par le passé des étapes de la Coupe du monde et la course de fond Marciagranparadiso sur 45 km ; le ski alpin dispose quant à lui de 9 km de pistes damées. Depuis 2011, la commune est membre de l’association « Perles des Alpes » pour le tourisme durable. Parmi les traditions artisanales, on distingue la fabrication de la dentelle aux fuseaux, les « dentelles de Cogne », pratiquée par les femmes du village depuis le XVIe siècle et perpétuée aujourd’hui par la coopérative « Les Dentellières de Cogne » ; le « mécoulin » est le pain sucré de Noël typique du village. On y pratique également les sports traditionnels valdôtains que sont le palet et la rebatta. Le patois local, le cognein, présente certaines particularités par rapport au patois standard de la Vallée d’Aoste : la transhumance de retour des alpages, la « devètéya », est généralement célébrée le jour de la Saint-Michel, le 29 septembre, avec la « Féra » sur les prairies de Sant’Orso.
Cogne constitue l’un des principaux points d’accès au Parc national du Grand Paradis, le plus ancien d’Italie, créé par le décret-loi royal n° 1584 du 3 décembre 1922 et s’étendant aujourd’hui sur environ 710 km² entre la Vallée d’Aoste et le Piémont, destiné à la protection du bouquetin (Capra ibex). Valnontey abrite le Jardin alpin Paradisia, consacré à la flore de haute altitude, tandis que Cogne accueille l’un des centres d’accueil du parc. Le territoire communal comprend également trois sites d’intérêt communautaire : le vallon de Grauson (489 hectares), le vallon de l’Urtier (1 506 hectares) et la station d’Astragalus alopecurus, une espèce d’origine steppique rare en Europe, sur 36 hectares.
Cogne est le point de départ d’itinéraires menant aux refuges et aux bivouacs du massif du Grand Paradis, parmi lesquels le refuge Vittorio Sella, dans le vallon de Valnontey, et les bivouacs d’altitude Luciano Gratton et Alessandro Martinotti. Le réseau communal de sentiers comprend également des itinéraires de raquettes à neige aux alentours du chef-lieu et des hameaux de Gimillan et Lillaz, ainsi que des tronçons du réseau de randonnée du Parc national du Grand Paradis.
Information
Données générales
Superficie : 212,84 km²
Altitude du chef-lieu : 1 534 m
Point culminant : 4 061 m – Gran Paradiso
Nombre d'habitants : 1 329 (au 01/01/2026)
Nom en dialecte : Veulla
Nom des habitants : cogneins
Saint patron : Sant'Orso, fêté le 1er février
Communes limitrophes : Aymavilles – Brissogne – Champorcher – Charvensod – Fénis – Gressan – Locana (Piémont) – Noasca (Piémont) – Ronco Canavese (Piémont) – Saint-Marcel – Valprato Soana (Piémont) – Valsavarenche
Région d'appartenance : Vallée d’Aoste
Pays d’appartenance : Italie
Site officiel : https://www.comune.cogne.ao.it
Villages et hameaux : Boutillères, Champlong, Crétaz, Épinel, Gimillan, Moline, Montroz, Lillaz, Valnontey